Depuis 2001, le nombre des personnes nouvellement infectées au Moyen-Orient et en Afrique du Nord a augmenté de plus de 35%. En Europe orientale et en Asie centrale il y a eu également une augmentation des nouvelles infections à VIH au cours de ces dernières années.

Les chiffres encourageants sont à chercher du côté du nombre de personnes nouvellement infectées, qui continue de chuter: 2,5 millions d'infections par le VIH en 2011, c'est 20% de moins que celui de 2001, avec les plus fortes baisses enregistrées depuis 2001 dans les Caraïbes (42%) et en Afrique subsaharienne (25%).

Vingt-cinq pays ont ainsi vu le nombre de nouvelles infections diminuer de 50%. Neuf pays ont en revanche vu augmenter le nombre de personnes infectées : Bangladesh, Géorgie, Guinée-Bissau, Indonésie, Kazakhstan, Kirghizistan, Philippines, République de Moldova, Sri Lanka.

La prévention de la transmission mère-enfant progresse également, même si beaucoup reste à faire: Au cours des trois années 2009 à 2011, la prophylaxie antirétrovirale empêché 409 000 enfants de contracter l'infection à VIH dans les pays à faible et moyen revenu, alors même que seulement 30% des femmes enceintes éligibles recevaient un traitement antirétroviral (ARV) pour leur propre santé en 2011, comparativement à 54% pour tous les adultes admissibles.

Baisse des morts liées au sida

En 2011, 1,7 million de personnes dans le monde sont morts de causes liées au sida, un chiffre en baisse de 24% par rapport au pic atteint en 2005. Depuis 1995, l'accès aux thérapies antirétrovirales ont permis d'économiser 14 millions d'années de vie dans les pays à faible et moyen revenu, dont 9 millions en Afrique sub-saharienne.

Le nombre de personnes ayant accès au traitement contre le VIH est passé à 63% de 2009 à 2011. Dans dix pays à revenu faible ou intermédiaire, plus de 80% des personnes éligibles bénéficient des ARV. Toutefois, 7 millions de personnes éligibles pour le traitement contre le VIH n’y ont toujours pas accès et 72% des enfants vivant avec le VIH qui sont éligibles n’y ont pas accès.

Travailleuses du sexe, HSH : Des minorités exposées

Les minorités restent dangereusement exposées au VIH. Ainsi, les travailleuses du sexe étaient 13,5 fois plus susceptibles de vivre avec le VIH que les autres femmes. Dans les pays d'épidémie généralisée, la prévalence du VIH est systématiquement plus élevée chez les travailleurs du sexe dans la capitale que dans la population générale de 23%.

De même, la prévalence de l'infection par le VIH parmi les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH) dans les capitales est en moyenne 13 fois plus élevée que dans la population générale du pays.

En moyenne, seulement 38% des HSH ont subi un test VIH dans les 12 derniers mois, avec moins de 1 homme sur 3 testé au cours des 12 derniers mois dans le Sud et le Sud-Est asiatique et l'Europe occidentale et centrale; Là, où les HSH jouent pourtant un rôle important dans les épidémies nationales.

Des usagers de drogues vulnérabilisés

La prévalence de l'infection par le VIH est au moins 22 fois plus élevé chez les personnes qui s'injectent des drogues que pour la population dans son ensemble, avec une prévalence d'au moins 50 fois plus élevé dans 11 pays (sur 49 dont on dispose des données). Les femmes qui s'injectent des drogues sont en particulier plus vulnérables à la violence d'un partenaire, de la police et du client en cas d'échanges sexuels.

Cette priorité de santé publique ne semble pourtant pas comprise en Europe de l'Est et en Asie centrale, où la réponse des gouvernements est insuffisante : Il ne fournissent que 15% des dépenses consacrées aux programmes de prévention pour les personnes qui s'injectent des drogues.

Enfin, pas de riposte à l'épidémie sans financement : Le besoin annuel est évalué entre 22 et 24 milliards de dollars, mais il manque un déficit de ressources de 30% pour financer la riposte au sida d'ici 2015.