[Mis à jour le 12 décembre.]

 

Des militants dénoncent la baisse des financements accordés à la lutte contre le sida et le manque d'engagement des dirigeants du continent. Voir le dossier Icasa 2011 de Aides.

6 décembre

- ICASA 2011 en Ethiopie, c'est parti !
- ICASA 2011 : le sida doit-il être rentable ?
Sida Info Service s'interroge : «La situation économique mondiale a beaucoup changé ces dernières années et ne permettra plus aux pays africains de rester dépendant financièrement. Les pays riches deviennent de plus en plus regardants concernant les dépenses et ne fonctionnent plus avec une vision de charité mais plutôt « de concessions commerciales ». Ils espèrent donc que les dirigeants africains en particulier prennent leur responsabilité vis-à-vis de leurs populations et qu'ils vont vite réagir. Là où ça devient inquiétant, c'est que des programmes qui seront mis en place à l'avenir soient basés sur le concept de rentabilité. En effet, on évoque aussi ce que rapporte l'argent investi dans la lutte contre le sida, à savoir qu'un dollar investi dans l'accès aux traitements rapporte 1, 80 dollar alors que cela peut rapporter 25 dollars pour des programmes de promotion de la circoncision et 50 dollars pour des programmes de PTME (prévention de la transmission du VIH de la mère à l'enfant).»

- Désespoir à l'ICASA : la conférence africaine sur le sida honore George W. Bush
Sidaction regrette que la conférence s'ouvre par un hommage à l'action de George W. Bush dans le VIH/sida: «Certes, les milliards de dollars injectés par le programme PEPFAR, initié sous la présidence de Bush, ont permis à des millions de personnes d'avoir accès aux traitements antirétroviraux. Mais voudrait-on nous faire croire qu'avant PEPFAR, rien n'existait ? Que c'est PEPFAR, Bush en tête, qu'il faudrait remercier pour cet accès aux traitements ? Oublie-t-on les années d'activisme et de plaidoyer des militants communautaires et associatifs pour persuader les dirigeants de ce monde, américains en tête, que la prévention ne suffisait pas ? Que les Africains avaient besoin, comme les Européens ou les Américains, de ces traitements antirétroviraux et qu'ils étaient capables, eux aussi, de les prendre tout au long de leur vie ? Où sont les médailles pour les infatigables militants de ces 30 dernières années?»

- Le rôle des associations dans la lutte contre le Sida
 Pr Robert Soudre, président de la Société Africaine Anti-SIDA, Pr Hakima Himmich, chef du service de maladies infectieuses du CHU Ibn Rochd de Casablanca et présidente de l'Association de Lutte Contre le Sida au Maroc (ALCS), Jeanne Gapiya, présidente de l'Association Nationale de Soutien aux Séropositifs et malades du Sida (ANSS), Dr Camille Anoma, directeur de l'Espace confiance en Côte d'Ivoire et Yves Yomb, directeur exécutif d'Alternatives Cameroun Association pour la défense des droits des minorités sexuelles discutent au micro de Claire Edon, de RFI.

7 décembre

- PTME: Un défi encore énorme à relever
Réjane Zio, responsable du pôle «enfants» des programmes internationaux de Sidaction: «Il est ressorti lors de cette 16ème conférence africaine, que si certains pays ont réussi le passage à l'échelle de leurs programmes de PTME (Botswana, Rwanda...), nombreux sont ceux qui présentent encore des résultats moyens voire très bas. En 2010, par exemple, 53 % [40 % - 79 %] des femmes enceintes vivant avec le VIH dans les pays à revenu faible ou intermédiaire ont reçu un traitement antirétroviral pour la PTME, avec une disparité selon les régions d'Afrique. Dans certains pays africains, la couverture des besoins en antirétroviraux pour la PTME chez les femmes enceintes infectées est inférieure à 30 %.»

- Le cumul des discriminations
Gaëlle Julien, pour Sidaction: «Conférences, stands et diverses animations permettent enfin de mettre sur le devant de la scène les personnes handicapées vivant avec le VIH. Une belle initiative. Mais lorsque deux des cinq intervenants d'une session sur le sujet se présentent en fauteuil devant l'estrade, la réalité à laquelle elles sont confrontées quotidiennement s'impose au public : comment justement monter sur cette estrade alors que les organisateurs n'ont pas prévu de rampes d'accès ?»

- ICASA 2011 : Et les gays africains alors !
Alim El Gaddari, Actions internationales de Sida info service: «La plupart des acteurs de prévention se plaignent à juste titre de rencontrer des difficultés majeures pour atteindre les personnes qui nécessitent vraiment un accompagnement adapté à leurs pratiques. Il est stupéfiant cependant de noter qu'il existe encore des acteurs de lutte contre le sida pour qui l'homosexualité n'existe pas en Afrique. Des réactions très virulentes ont pu éclater en session. "L'homosexualité est une importation des étrangers !"»

- Ne pas perdre les patients de vue
«La proportion de personnes ne se présentant plus aux rendez-vous médicaux est parfois très importante comme le montrent trois études menées au Libéria, au Ghana et en République Démocratique du Congo en 2010 et 2011.»

8 décembre

- La société civile et les organisations de donateurs abordent le sujet du financement de la lutte contre le sida à l'ICASA 2011.
Un reportage sur l'événement «Session de dialogue avec les donateurs : assurer un financement local et durable de la riposte au VIH en Afrique», co-organisé par l'Onusida et le PNUD.

- ICASA 2011: la satisfaction triomphe, les discriminations perdurent.
Africay et Aides dénoncent le manque d'engagement volontariste constaté lors de cette conférence en faveur des droits des populations les plus exposées à l'épidémie: «Même si l'argent est le nerf de la guerre, il ne règle pas tout. Impossible d'enrayer durablement l'épidémie sans une prise de conscience mondiale des discriminations qui la nourrissent. Malgré de nombreuses avancées, des lois anti-gay, les violences faites aux femmes, la pénalisation de la transmission et de l'exposition aux risques perdurent, avec la passivité sinon l'activisme coupable des gouvernements, stigmatisant ainsi des franges entières de la population. Cette stigmatisation a un impact dramatique sur l'épidémie, car sur le continent africain comme dans le reste du monde, les taux de prévalence de l'épidémie de VIH/sida sont dramatiquement plus élevés parmi les populations vulnérables, atteignant des sommets chez les homosexuels où ils oscillent de 13% à 43%.»

- Un meilleur accès aux soins pour les homosexuels? On en est loin!
«Pour ses deux premières journées, l'ICASA consacrait trois séances à la situation des minorités sexuelles et de genre en Afrique et quatre autres sur les législations nationales et religieuses interdisant de telles pratiques. Ces séances ont décrit le tableau répressif existant sur le continent africain en la matière et les conséquences de ces lois sur la santé des homosexuels.»

- La technique SAMBA pour améliorer le dépistage précoce des nourrissons
«La stratégie utilisant les échantillons de sang séché sur papier buvard (Dried Blood Spot ou ‘DBS') permet d'améliorer l'accès au dépistage précoce mais comporte aussi des limites. D'autres innovations s'avèrent donc nécessaires surtout pour les populations les plus éloignées des centres urbains. La technique SAMBA (Simple Amplification Based Assay) basée sur la détection visuelle des acides nucléiques (composants de l'ADN et de l'ARN) sur une bandelette réactive semble répondre à ce besoin.»

9 décembre

- ICASA 2011 : promouvoir la réduction des risques en Afrique.
«Dans toute l’Afrique, il devient donc urgent de mettre en place un vaste programme de réduction des risques. Aujourd’hui, seulement sept pays (Maroc, Tunisie, Egypte, Ile Maurice, Tanzanie, Afrique du Sud et Kenya) ont intégré dans leur programme national un plan consacré aux usagers de drogues par voie intraveineuse et à la réduction des risques. Un programme de substitution par la méthadone y est également possible. Sinon dans tous les autres pays africains, ce programme n’existe pas faute d’adhésion des leaders politiques.»

A lire également

- Le numéro spécial de la lettre de Solthis sur l'ICASA

- Le programme des temps forts du GIP Esther à l'ICASA (PDF, 1,2Mo)