Alors que les associations homosexuelles dénoncent cette interdiction comme une discrimination, les chercheurs ont essayé d'estimer l'impact des donneurs HSH sur le risque résiduel de transmission du VIH par transfusion en France. Il apparaît que ce risque résiduel attribué aux HSH, dans la situation actuelle, serait entre 45 fois et 125 fois plus élevé que chez les non HSH.

L'interdiction étant basée sur une déclaration du donneur, certains HSH donnent tout de même; Vécue comme une discrimination, cette interdiction entraîne une détournement de la mesure. Pourtant, une absence totale de mesure concernant les HSH représente une augmentation estimée de 500% du risque de transmission1.

N'exclure que les HSH multipartenaires
sur les douze derniers mois

Une modification envisageable de la mesure actuelle est de la remplacer par une mesure consistant à n'exclure que les HSH multipartenaires sur les douze derniers mois avant le don. En effet, les diverses études sur le sujet semblent montrer que le risque supplémentaire lié à la réduction de la durée d'exclusion est faible.

Dans cette estimation, si on prend pour chiffre l'incidence du VIH chez les HSH (soir 1%), le risque résiduel est de 1/650000, soit une augmentation de 273% du risque (une multiplication par trois). En revanche si on estime l'incidence des HSH donneurs à 0,08%, le risque résiduel diminue de 20%. L'intervalle est large, mais les chercheurs pensent qu'une telle modification serait une alternative acceptable à l'exclusion systématique.

Avec beaucoup de «si» néanmoins : Cette modification n'assurerait un niveau de sécurité optimal si et seulement si elle est comprise et respectée par les HSH. Une campagne d'information et de responsabilisation des donneurs sera donc nécessaire. De plus, une ouverture du don du sang, même sous condition, devra entrainer une responsabilisation et une auto-exclusion des HSH se sachant à risques.

  • 1. Soldan et Sinka, Vox san, 2003, Angleterre