Le nouveau mécanisme doit permettre de continuer à financer les projets déjà lancés. Sont admissibles les candidats bénéficiants déjà de subventions du Fonds mondial, dont les programmes risquent d'être interrompus entre le 1er janvier 2012 et le 31 mars 2014. Même si elle est préoccupée, l'équipe du Fonds mondial veut croire en cette évolution: «Ensemble, la stratégie quinquennale et le plan de transformation adoptés lors de la réunion engagent le Fonds mondial à évoluer vers un nouveau modèle de financement axé sur des investissements stratégiques en faveur de pays, de populations et d'interventions dont on estime qu'ils auront un impact réel et un excellent rapport coût-efficacité, a déclaré Simon Bland, le président du Conseil d'administration. (...) Ce faisant, je pense que le Fonds mondial a entamé sa mutation: d'institution de financement de situations d'urgence cherchant à permettre aux pays de combattre des pandémies galopantes - rôle qu'il a parfaitement tenu jusqu'à présent -, il deviendra un bailleurs de fonds pérenne et efficace soutenant les efforts mondiaux de lutte contre le sida , la tuberculose et le paludisme pour, au final, remporter ce combat. »

Réactions des associations

Médecins sans frontières redoute des conséquences dramatiques à la suppression du financement des nouveaux projet en 2011 dans un communiqué : «Dans les pays où MSF travaille, les effets de la baisse des financements se font sentir. Par exemple, le Cameroun et le Zimbabwe vont bientôt manquer de financements pour continuer le traitement des patients déjà sous antirétroviraux. Au Mozambique, au Malawi et en Ouganda, les dernières normes OMS recommandant le traitement plus précoce des patients (CD4 < 350), l'utilisation de meilleurs médicaments, et la mise sous antirétroviraux de toutes les femmes enceintes séropositives pendant leur grossesse ne pourront pas être appliquées.» Une conférence de presse est organisée le 28 novembre, avec TAC, sur les conséquences de l'arrêt du financement sur les programmes d'Afrique du Sud.

Act-Up Paris dénonce «un choix politique», celui de «faire mourir des millions de personnes»: «Alors que l'on sait aujourd'hui comment espérer contrôler l'épidémie, cette décision compromet les efforts réalisés. Cette décision condamne à mort, à la veille de la journée mondiale de lutte contre le sida, des millions de malades des pays pauvres et sonne comme un renoncement, notamment à ce que les contaminations explosent, comme le nombre de mortEs. Les pays donateurs doivent d'urgence se réunir et renflouer les caisses du Fonds. La crise économique ne peut servir de prétexte. Les pays riches ont les moyens, par une fiscalité plus juste, par une meilleure répartition des efforts financiers et par un soutien aux génériques qui permettraient de faire baisser le prix, d'assurer l'accès universel aux traitements.»