Cet article a été publié sur Yagg.com

«Nous avons vu un élargissement massif de l'accès au traitement du VIH , qui a eu un effet spectaculaire sur la vie des gens partout dans le monde.» C'est sous le signe de l'optimisme que Michel Sidibé, directeur exécutif de l'Onusida, a présenté les derniers chiffres de l'épidémie de sida , publiés à l'occasion du 1er décembre.

Selon des estimations de l'Onusida et de l'OMS, 47% (6,6 millions) des quelque 14,2 millions de personnes éligibles au traitement avaient accès à la thérapie antirétrovirale salvatrice en 2010, soit une augmentation de 1,35 million depuis 2009.

(source Rapport Onusida 2011)

Selon l'Onusida (voir tableau ci-dessus), «les nouvelles infections à VIH ont considérablement baissé ou se sont stabilisées dans la plupart des régions du monde. En Afrique subsaharienne, le nombre de nouvelles infections à VIH a chuté de plus de 26% depuis le pic de l'épidémie en 1997, avec une baisse d'un tiers en Afrique du Sud, le pays qui compte le plus grand nombre de nouvelles infections à VIH dans le monde».

Les décès liés au sida ont, eux, diminué de 21% depuis 2005, année du pic du nombre de décès. En 2010, le sida a cependant continué de tuer: 1,8 million de personnes sont mortes dans le monde et 2,7 millions ont été infectées. On estime que 34 millions de personnes vivent avec le VIH sur la planète.

Impact positif du traitement

Le traitement a les effets attendus sur le nombre de nouvelles infections. Traiter les séropositifs/ves, c'est prévenir l'infection de leurs partenaires sexuel-le-s. Un exemple parmi d'autres, expliqué par Onusida: «Au Botswana, le schéma des comportements sexuels est resté relativement stable depuis 2000. Le pays a intensifié l'accès au traitement, qui a passé de moins de 5% en 2000 à plus de 80%, couverture qu'il a maintenue depuis 2009. Le nombre annuel des nouvelles infections a baissé de plus des deux tiers depuis la fin des années 1990, et les données suggèrent que le nombre des nouvelles infections à VIH au Botswana est de 30% à 50% inférieur à ce qu'il aurait été en l'absence de thérapie antirétrovirale.»

Poursuite des investissements

Selon Michel Sidibé, il faut poursuivre les investissements dans la lutte contre le sida, ne pas relâcher les efforts et axer ces investissements sur six activités essentielles: des interventions ciblées à l'intention des populations à plus haut risque (en particulier les professionnel-le-s du sexe et leurs clients, les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, et les personnes qui s'injectent des drogues); la prévention des nouvelles infections à VIH chez l'enfant; des programmes sur les changements de comportement; la promotion et la distribution de préservatifs; et la circoncision masculine volontaire dans les pays où la prévalence du VIH est élevée et les taux de circoncision sont faibles.

Tout un programme. Si les investissements attendus sont réalisés, cela permettrait dès 2015 de diminuer les ressources nécessaires à la lutte contre le virus. Pour l'Onusida, «la riposte au sida [est] une excellente opportunité d'investissement où le rendement compenserait le coût initial en moins d'une génération».

> Télécharger le rapport 2011 de l'Onusida (PDF, 610Ko)