Dans un entretien accordé au Quotidien du médecin, Le Dr Morgane Bomsel confirme, après les résultats intéressants de l'essai sur les femelles macaques, que la voie intranasale est bien tolérée et aussi immunogène chez l'homme que chez le singe, ce qui n'allait pas de soi. Cet essai a montré qu'un vaccin ciblant la sous-unité virale transmembrabaire Gp41 entraîne une réponse forte en IgG et IgA sériques et muqueuses. «Ces anticorps spécifiques anti-lipopeptide P1 ne sont pas des anticorps neutralisants, mais des anticorps capables de bloquer la transcytose, c'est-à-dire l'entrée du virus dans les cellules muqueuses», précise la chercheuse.

L'essai comprenait deux bras selon la posologie administrée, l'un à 10 µg/dose, l'autre à 50 µg/dose. Dans chaque bras, quatre femmes recevaient un placebo et huit le vaccin, deux doses par voie intramusculaire (semaines 0 et 8) et deux doses par voie intranasale (semaines 16 et 24). Quelle que soit la dose, une réponse en IgG sériques et muqueuses ainsi qu'en IgA sériques était présente ; quant à la réponse en IgA muqueuses, elle était très forte chez 75% des participantes du groupe à 50µg et chez près de 40% des participantes du groupe 10µg.

L'étape est d'importance mais il reste beaucoup à préciser. «Peut-on imaginer se passer de la voie intramusculaire, insuffisante en elle-même pour induire une immunité muqueuse, pour la seule voie intranasale? Quelle est la durée de la mémoire vaccinale induite?» D'autre part, l'équipe du Dr Bomsel étudie l'efficacité du vaccin MYM V101 chez l'homme et l'immunité muqueuse au niveau du prépuce, de l'urètre et du rectum.

Bibliographie

> Un essai prometteur chez la femme : premiers gages d'efficacité d'un vaccin VIH muqueux / I. Drogou. - Quotidien du Médecin, n° 8975, 1er juin 2011