Quelles sont, selon vous, les avancées importantes pour la prise en charge des patients issues des nouvelles recommandations de l'OMS ?

1. La mise sous traitement précoce des adultes et des adolescents en fonction du critère biologique du dosage des CD4 (CD4 < 350 CD4)
2. Le diagnostic précoce du VIH pédiatrique par PCR avec une proposition de traitement précoce de l'enfant infecté dès la 6ème semaine
3. Le renforcement de la PTME par les ARV dès la 14ème semaine de grossesse et l'allaitement protégé par les ARV jusqu'à 12 mois après l'accouchement
4. Le suivi du succès thérapeutique ARV et la détection de l'échec thérapeutique par la mesure de la charge virale

Ces recommandations devraient avoir plusieurs conséquences sur le contrôle de l'épidémie en Afrique: 
- Une réduction importante de la morbidité et de la mortalité liées à la réduction de la prévalence des infections opportunistes et autres affections liées au VIH chez le nourrisson, l'enfant et l'adulte.
- Une réduction importante de l'incidence du VIH pédiatrique par l'application de la PTME.

Au Burundi, quels seront les défis à relever pour obtenir les résultats escomptés ?

En terme de réduction de la morbidité et de la mortalité, le défi à relever sera l'accès aux soins de la population. Les distances par rapport aux structures de soins sont souvent grandes, les équipements insuffisants (CD4, charge virale) et le personnel de soins peu qualifié. De plus, la non gratuité des soins rend encore plus difficile leur accessibilité. Au Burundi, près de 60% des malades fréquentent les médecins traditionnels et beaucoup de malades sont encore soignés dans des structures alternatives, expliquant le diagnostic souvent tardif du VIH chez des patients symptomatiques.

Concernant la PTME au Burundi, moins de 20% des femmes enceintes sont dépistées pour le VIH. Augmenter le dépistage du VIH chez les femmes enceintes reste un des défis majeurs surtout dans un contexte où le suivi pré natal fait défaut et où les femmes accouchent encore à domicile.

Le dernier défi est financier. Les besoins des traitements ARV ont été calculés, dans plusieurs pays par rapport aux estimations données par les anciennes recommandations de l'OMS. La mise en application des nouvelles recommandations va forcément entraîner une augmentation du nombre de patients en indication de traitement et, par conséquent des coûts des traitements ARV. Dans ce contexte, il faudrait que les différents contributeurs de fonds acceptent de consentir cet effort supplémentaire pour accompagner la mise en place de ces recommandations

Ainsi, le rêve d'infléchir définitivement l'épidémie du VIH en Afrique pourra devenir une réalité si le dépistage et le traitement précoce du VIH par ARV sont appliqués dans de bonnes conditions.