Preuve de l'importance croissante des échanges Nord-Sud francophone, la 5e conférence francophone, première portée par l'Afravih (l'Alliance Francophone des Acteurs de santé contre le VIH ) et première sur le sol africain, commence ce dimanche 28 mars. Plus de 1800 travaux venant de plus de 40 pays ont été soumis aux organisateurs. La présidente de la conférence, le professeur Hakima Himmich, présidente de l'ALCS, a rappelé l'engagement du Maroc, pourtant pays de faible prévalence , sur le plan de la lutte contre le VIH/sida.

Plus de 56% des communications qui auront lieu à Casablanca proviennent d'Afrique, démontrant la grande implication des acteurs francophones dans la lutte contre le VIH/sida. Une mobilisation tempérée par la très faible représentativité de ces mêmes acteurs francophones dans les instances internationales de lutte contre l'épidémie. Crée en mars 2009, l'Afravih a pour but de justement développer les pratiques de santé publique entre acteurs de santé de l'espace francophone et partager de l'expertise scientifique.

Un point inédit

Jean-Paul Moatti, professeur d'économie à l'Université de la Méditerranée et conseiller pour les affaires internationales auprès du directeur de l'ANRS, a rappelé que la situation concernant la lutte contre le sida avait récemment atteint un point inédit. Jamais autant de personnes n'avaient été sous traitement: 40% des malades nécessitant un traitement en bénéficie, soit 4 millions de personnes. Au même moment, pour chaque personne traitée, trois nouvelles personnes sont infectées et le prix des traitements de seconde ligne est encore quinze ou vingt fois supérieur à celui des traitements initiaux. L'objectif d'accès universel aux soins pour 2015 ne pourra être atteint que si l'aide internationale est au minimum doublée.  

Le sous-titre de la conférence est «Renforcer les ressources». Selon Gilles Brucker, directeur d'Esther, le calcul de la charge virale , dont le coût est aujourd'hui prohibitif, et un meilleur suivi des perdus de vus dans les cohortes sont essentiels à l'amélioration de la qualité de l'accès aux soins. Ainsi au Maroc, les prix de certains examens biologiques sont deux à trois fois supérieurs aux prix pratiqués en France. Indispensables aussi, l'accélération de la décentralisation des systèmes de santé et le renforcement de la délégation des tâches pour pallier le manque de ressources humaines.

Les populations vulnérables parce que discriminées, comme les prisonniers, les femmes et les hommes ayant des rapports sexuels avec d'autres hommes (HSH), seront enfin au corps des débats, afin de rappeler que la lutte contre le sida est aussi une lutte globale de santé, une lutte sociale. Eric Fleutelot, directeur général adjoint international de Sidaction et membre de l'Afravih le martèle: «Les ministres de la santé doivent assumer leur rôle: La santé pour tous. Comme dans les pays du Nord dans les années 80, la lutte contre le sida ne progressera que si les sociétés évoluent en parallèle.»

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