Dans une analyse multivariée à 30 ∓ 4 semaines, ajustée sur la charge virale , le taux de lymphocytes T CD4+ ainsi que sur la date d'initiation du traitement antirétroviral, la charge virale est le seul facteur prédictif de la transmission du VIH de la mère à l'enfant (odds ratio 23,2; intervalle de confiance à 95% 3,5 à 553; P<0,001).

Les auteurs concluent que, pour éviter le risque résiduel de transmission verticale du VIH, la charge virale maternelle doit être bien contrôlée, pas seulement au moment de l'accouchement mais aussi tout au long de la grossesse, afin de prendre les éventuelles mesures nécessaires suffisamment tôt (soutien à l' observance , ajustement de la posologie, changement de traitement).

Les deux groupes de l'étude

Cette étude cas-contrôle a comparé 19 femmes qui ont transmis le VIH à leur enfant à 60 femmes qui ne l'ont pas transmis. On ne constate aucune différence dans les deux groupes en ce qui concerne l'origine géographique, l'âge au diagnostic de l'infection à VIH, le type de traitement antirétroviral reçu ou le choix d'un accouchement par césarienne.

Le nombre de femmes déjà sous traitement antirétroviral à la conception est inférieur dans le groupe cas par rapport au groupe contrôle (16% versus 45%). Une proportion significativement plus basse du groupe cas avait une charge virale inférieure à 500 copies/ml par rapport au groupe contrôle :

- A la 14e semaine : 0% versus 38,1% (P=0,021)
- A la 28e semaine : 7,7% versus 62,1% (P=0,005)
- A la 32e semaine : 21,4% versus 71,1% (P=0,004)

Ces différences entre groupe cas et groupe contrôle restent significatives lorsque l'on considère uniquement les transmissions prénatales.

> Factors associated with mother-to-child transmission of HIV-1 despite a maternal viral load < 500 copies/ml at delevery: a case control study nested in the French perinatal cohort (EPF-ANRS CO1) / R. Tubiana et al. - Clinical infectious diseases, vol. 50 n° 4, 15 février 2010. - Pp. 585-596.