L'épidémie de sida a permis le développement d'un vaste ensemble d'approches et de méthodologies dans le champ des recherches sur la sexualité. Elle a également encouragé des débats publics plus ouverts sur les comportements sexuels et les normes en matière de sexualité.

Au commencement, ces recherches ont été dirigées par des préoccupations épidémiologiques liées à la transmission sexuelle du VIH /sida. Puis, l'intérêt pour les pratiques sexuelles s'est élargi au contexte social de la sexualité, les changements dans les comportements sexuels étant contraints par des facteurs culturels, structurels, politiques et économiques.

Désexualisation

Depuis une dizaine d'années, on assiste à une certaine désexualisation de l'épidémie avec l'arrivée des HAART. Cela a contribué à déplacer les préoccupations sur d'autres sujets tels que l'accès aux traitements ainsi qu'à une remédicalisation du champ de recherche sur le VIH/sida, et en particulier de la prévention.

Dans le même temps, on a assisté à une véritable explosion des mobilisations autour des droits sexuels, avec comme corollaire une certaine judiciarisation du champ de la sexualité. Actuellement, les avancées impulsées par l'épidémie de sida dans les recherches sur la sexualité risquent de se perdre.

Remettre de la sexualité dans le sida, ce n'est pas seulement faire avancer le champ de la sexualité, c'est également tenter de prévenir un renversement majeur concernant les réussites accomplies durant les premières décennies de l'épidémie.

Références

> Unintended consequences: evaluating the impact of HIV and AIDS on sexuality research and policy debatesCad. Saúde Pública, Richard Parker, 2009
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