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Abdoulaye Wade, à l'ouverture de la conférence, le 3 décembre 2008.

La conférence a rassemblée une dizaine de milliers de personnes environ pendant 5 jours pour faire le point sur la lutte contre le sida en Afrique. Ce continent reste le plus touché par la pandémie. Le nombre de malades du sida y est estimé à 30 millions de personnes en 2007 par l'ONU, soit 67% des personnes touchées au niveau mondial.

Malgré la volonté affichée des organisateurs de ne pas organiser "une conférence de plus", aucune grande annonce n'était au programme. Pour autant, plusieurs points importants ont été mis en avant. 

La mobilisation financière

L'argent du Fonds mondial (14,9 milliards de dollars), mais aussi du PEPFAR [en] (18,3 milliards de dollars), ont permis une mobilisation sans précédent de moyens contre la maladie. Beaucoup d'argent a été investi ces dernières années en Afrique dans l'accès aux soins. L'investissement a montré qu'il était possible d'infléchir la croissance de l'épidémie en généralisant les traitements et en généralisant la prévention. Cet argent est également un formidable espoir de développement du système de soins en Afrique, dont bénéficiera toute la population, et pas seulement les malades du sida.

En temps de crise, certains craignent que ces programmes mondiaux ne soient menacés (voir notre article L'ombre de la crise). "L'idée de financements innovants issus de fonds locaux" a été émise, a assuré le Pr Souleymane Mboup, président de la conférence.

La mobilisation communautaire

L'innovation, on la doit souvent à des structures communautaires, gérées par des personnes infectées ou affectées par le VIH ou par des médecins. L'importance du communautaire a été évoquée en particulier lors du symposium VIH et Francophonie, organisé par la Conférence Francophone VIH/sida avec le soutien de l'ANRS. Cette mobilisation communautaire dessine les contours d'un système de santé d'un nouveau genre, où le monde médical et la société civile sont associés pour proposer un meilleur accès aux soins.

La Conférence a aussi été l'occasion pour les minorités sexuelles de prendre la parole, à travers par exemple le réseau francophone Africagay. "La lutte contre le sida passe par la reconnaissance des  minorités sexuelles", a reconnu Souleymane Mboup, appelant à changer les lois criminalisant l'homosexualité.

Fausses notes

La conférence, riche, a parfois souffert d'un manque d'organisation, même si certaines initiatives, comme la mise à la disposition moyennant finance des sessions plénières du jour même sous forme de cédéroms, sont à noter. Enfin, si les intervenants communautaires ont su inspirer les participants, l'intervention du président sénégalais Abdoulaye Wade lors de l'ouverture de la conférence rappelle que le chemin qui reste à parcourir est long. 

Confus et visiblement déconnecté des réalités de son pays, le président sénégalais en devient vraiment inquiétant quand il regrette de ne pas pouvoir sacrifier les libertés individuelles à la lutte contre le sida en imposant le dépistage. Reconnaissant que les minorités sexuelles sont plus vulnérables face au VIH, il peine à reconnaître les discriminations dont souffrent les personnes séropositives.