Instaurée en 1987, ce dispositif a été adopté par le Congrès sous la présidence de Bill Clinton en 1993. Le VIH est la seule maladie à être nommée dans les textes de loi sur l’immigration, qui prévoit que le territoire américain pourra être refusé aux personnes souffrant d’une maladie contagieuse représentant un risque pour la santé publique. Pour toute maladie autre que le VIH, l'appréciation de ce risque est laissé au Département de la Santé. Une autorisation spéciale, très difficile à obtenir, peut-être délivrée pour les touristes, les personnes effectuant de courts séjours ou pour les étudiants. Cette disposition rendait l’obtention d’un droit de séjour virtuellement impossible pour les personne vivant avec le virus. Dans les faits, une personne se présentant à la frontière avec des médicaments pour son traitement dans son sac avait toutes les chances de se faire refouler et renvoyer dans son pays d’origine.

Ce sont les sénateurs John Kerry (Démocrate) et Gordon Smith (Républicain) qui sont à l’origine de cette avancée. Adoptée par le Sénat, cette révision a été approuvée par le Congrès. Le plan PEPFAR prévoit d’autre part une importante augmentation des moyens pour lutter contre le sida dans les pays du Sud. Le budget de l’opération passe en effet de 15 milliards de dollars à 48 milliards. Le nouveau plan annule enfin la condition qui voulait qu’un tiers des projets financés se focalise sur l’abstinence comme moyen de prévention. Ces changements, bien que salués par les organisations de lutte contre le sida, constituent une véritable surprise. Reste à savoir quels changements cette bilatéralisation des financements impliquera pour le Fonds mondial, qui, en comparaison, n’a engrangé que 11,3 milliards de dollars jusqu’à présent.